documentation opérationnelle

Qu'est-ce qu'un ConOps pour les opérateurs de drones ?

En tant qu’opérateur de drone en France, il est indispensable de disposer d’un Concept of Operations (ConOps) clair et précis. Ce document décrit comment et où vous prévoyez d’utiliser votre drone et joue un rôle clé dans l’obtention des autorisations nécessaires auprès de la DGAC, tout en assurant la conformité avec la réglementation européenne et nationale pour garantir la sécurité des opérations.

Qu'est-ce qu'un ConOps ?

Le Concept of Operations (ConOps) est un document détaillé qui expose l’approche opérationnelle d’une mission drone spécifique. Il inclut les informations essentielles telles que la nature du vol, le matériel utilisé, l’environnement d’exploitation, ainsi que les mesures de sécurité et les arrangements organisationnels. Le ConOps permet aux opérateurs de systèmes d’aéronefs télépilotés (UAS) et aux autorités compétentes, notamment la DGAC, d’appréhender clairement la mission et la gestion des risques associés.

Dans le cadre des opérations de la catégorie Spécifique soumises à une évaluation des risques opérationnels basée sur la méthode SORA (Specific Operations Risk Assessment), la soumission d’un ConOps est souvent requise. Par ailleurs, il est également utilisé pour décrire les détails techniques et sécuritaires lors d’opérations encadrées par un Scénario Type Standard (STS) ou une Évaluation des Risques Prédéfinie (PDRA), facilitant ainsi la validation et le contrôle de la sécurité.

  • Le ConOps décrit l’objectif, le déroulement et les conditions opérationnelles d’une mission drone.
  • Il favorise une appréciation uniforme et claire des risques de sécurité par la DGAC et les autres parties prenantes.
  • En France, la DGAC demande un ConOps pour les opérations en dehors de la catégorie Ouverte notamment lors des demandes d’autorisation dans la catégorie Spécifique.
  • Le document alimente la rédaction des manuels opérationnels et des Plans d’Intervention d’Urgence (ERP) des opérateurs.

Éléments essentiels d’un ConOps

Un ConOps complet présente plusieurs composantes clés qui traitent à la fois des aspects opérationnels et réglementaires.

Il décrit notamment la mission envisagée, le type d’opération, le lieu et la nature de l’espace aérien exploité, le drone et l’équipement utilisé. Le document prend en compte les communications nécessaires, les procédures de vol prévues, les barrières de sécurité, ainsi que les procédures d’urgence. Il fait aussi état de la conformité aux règles applicables édictées par l’EASA et par la réglementation nationale sous la supervision de la DGAC.

  • Description détaillée de la mission et des objectifs de vol.
  • Présentation du système UAS et des technologies embarquées.
  • Analyse de la zone d’opération et classification de l’espace aérien concerné.
  • Évaluation des risques liée à la SORA et mesures d’atténuation.
  • Procédures d’urgence et Plan d’Intervention d’Urgence (ERP).
  • Formations et qualifications des membres de l’équipe opérationnelle.
  • Coordination avec le contrôle aérien et autres parties prenantes.
  • Méthodes de documentation, de rapports et d’évaluation continue.

Le ConOps dans la réglementation européenne et son application en France

Dans le cadre du règlement européen sur les drones régulé par l’EASA, le ConOps constitue un élément central pour la réalisation des opérations relevant de la catégorie Spécifique. La majorité des analyses de risques sont désormais effectuées via la méthodologie SORA qui repose largement sur la documentation fournie dans le ConOps.

En France, la DGAC analyse le ConOps dans le cadre de l’instruction des demandes d’autorisations opérationnelles ou du certificat de télépilote léger (LUC). En outre, le ConOps peut être intégré dans le manuel opérationnel de l’opérateur drone, document souvent exigé dans le cadre des activités UAS hors catégorie Ouverte et de nombreuses autorisations spécifiques.

  • Le ConOps accompagne systématiquement les dossiers de demande d’autorisation pour la catégorie Spécifique.
  • La DGAC s’appuie sur le ConOps pour vérifier la maîtrise des risques et la sécurité de l’exécution.
  • Le document doit être maintenu à jour, notamment lors d’évolution des paramètres opérationnels.
  • Pour les STS et PDRA, des modèles de ConOps standardisés proposés par l’EASA peuvent être utilisés.

Conseils pratiques pour rédiger un ConOps efficace

Pour les opérateurs, débutants ou expérimentés, il est crucial que le ConOps soit clair, concis et exhaustif. Comme ce document est central dans l’évaluation de la sécurité par la DGAC, il est recommandé de respecter une structure rigoureuse, en évitant les détails superflus. L’utilisation d’exemples concrets et de listes de contrôle améliore la qualité et la pertinence du dossier soumis.

Il convient toujours de vérifier la conformité du ConOps aux référentiels de la DGAC et de l’EASA, en utilisant les modèles et recommandations reconnues. DroneManual peut accompagner les opérateurs dans la création et la mise à jour d’un dossier complet incluant le ConOps.

  • Élaborer une table des matières claire et définir précisément les objectifs de l’opération.
  • Détailler la zone d’opération et les mesures de sécurité associées.
  • Construire le ConOps en cohérence avec le manuel opérationnel et le Plan d’Intervention d’Urgence (ERP).
  • Mettre à jour régulièrement le document en fonction des évolutions opérationnelles.
  • S’appuyer sur les directives officielles et les checklists de la DGAC et de l’EASA.
  • Assurer la coordination avec toutes les parties prenantes, notamment le contrôle aérien.

Erreurs fréquentes et recommandations pour les éviter

Une erreur fréquente consiste à fournir une description trop vague ou lacunaire des détails opérationnels, ce qui peut conduire la DGAC à rejeter ou à demander des compléments d’information. L’absence de procédures d’urgence clairement détaillées ou d’accords de communication est aussi un point faible courant.

Il est également constaté que certains opérateurs ne mettent pas à jour leur ConOps, qui devient alors obsolète par rapport aux opérations réelles. Cette situation peut poser problème lors des contrôles ou du renouvellement des autorisations. Intégrer le ConOps dans le système global de gestion de la qualité et de la sécurité de l’opérateur est donc fondamental.

  • Éviter les descriptions générales sans inventaire précis des risques.
  • Inclure systématiquement les plans d’urgence et procédures opérationnelles.
  • Maintenir à jour le ConOps et le manuel opérationnel.
  • Incorporer les retours d’audits et les analyses d’incidents.
  • Faire valider, si possible, le ConOps par un expert ou la DGAC.

Questions fréquentes

Tous les opérateurs de drones doivent-ils disposer d'un ConOps ?

Non. Dans la catégorie Ouverte, le ConOps n’est pas obligatoire. En revanche, pour les opérations de la catégorie Spécifique, la DGAC requiert généralement un ConOps au moment de la demande d’autorisation ou du LUC, notamment pour les opérations complexes ou à risque élevé.

Quelle est la différence entre un ConOps et un manuel opérationnel ?

Le ConOps décrit spécifiquement une opération précise de drone, tandis que le manuel opérationnel englobe les procédures, les responsabilités et la politique générale de l’opérateur pour toutes ses activités.

À quelle fréquence le ConOps doit-il être mis à jour ?

Il est conseillé de mettre à jour le ConOps à chaque changement significatif de l’opération, du matériel, de la localisation ou de la réglementation. Une révision annuelle au minimum est une bonne pratique.

Peut-on utiliser un ConOps standard ?

Pour certains Scénarios Type Standard (STS) et PDRA, l’EASA propose des modèles de ConOps standard. Cependant, les opérations sur mesure nécessitent un ConOps spécifique, adapté à la mission et aux risques particuliers.

Quel rôle joue la DGAC dans l’évaluation du ConOps ?

La DGAC analyse le ConOps lors des demandes d’autorisation afin de vérifier la sécurité et la maîtrise des risques. Elle peut fournir des recommandations et demander des précisions ou compléments si le document ne satisfait pas aux exigences.